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Plagiocéphalies Postérieures d’Origines Positionnelles (POPP)
et Mort Subite du Nouveau-né (MSN) sont étroitement liées depuis 1987 (USA)
et le « To sleep to back campaign », campagne de communication de la position du nourrisson
couché sur le dos pour la prévention de la mort subite du nourrisson.

Des études statistiques sur la MSN ont été effectuées à partir des années 1970 dans différents
pays du monde, afin de comprendre l’incidence et les mécanismes de la mort subite
du nourrisson. Mais il faudra attendre les années 1990 pour que des campagnes de prévention – notamment la campagne de prévention nationale de 1994 – soient menées. Il faut malheureusement constater l’échec de ces campagnes car malgré tout, chaque année, on recense toujours en moyenne 250 nouveaux cas de MSN. Dans le même temps, on recense au minimum un cas de plagiocéphalie pour une naissance sur3, voire sur 2, souvent associé à des pathologies heureusement moins dramatiques mais pouvant influer fortement sur la santé de l’enfant ainsi que son futur d’adulte.
D’où l’intérêt de la prise en charge ostéopathique précoce de la plagiocéphalie.
1. Physiopathologie
La concomitance de l’augmentation exponentielle de la plagiocéphalie avec les campagnes de
couchage sur le dos a fait accuser cette position pour expliquer ce phénomène, alors qu’en réalité,
cette symptomatologie repose également sur d’autres critères, notamment environnementaux.
La plagiocéphalie positionnelle est fréquente alors que la plagiocéphalie par fusion des sutures (synostose) est très rare… le périmètre crânien des bébés mesuré tous les mois chez le pédiatre et les autres soignants, dont les ostéopathes, permet de s’affranchir de cette dernière hypothèse qui requiert une intervention chirurgicale. Certes, le nombre de cas d’enfants atteints de plagiocéphalie positionnelle a fortement augmenté depuis les années 1990 mais également depuis la campagne de couchage sur le dos (ce nombre a probablement triplé). Selon les études, la moitié ou le tiers des naissances présentent une PPOP et 14% des adultes présentent encore une déformation importante de l’arrière crâne.
Les nouveau-nés ne présentent pas nécessairement de déformation crânienne à la naissance.
En effet, l’apparition se fait entre le premier et le deuxième mois et est très souvent concomitante
au positionnement du bébé en décubitus dorsal.
2. Les déformations
Les déformations positionnelles touchent en
priorité :
• les premiers-nés et d’autant plus chez une femme primipare au-delà de 25 ans car le tissu utérin perd de son élasticité ;
• les garçons car ils présentent un diamètre céphalique supérieur à celui des filles, ce qui entraîne des contraintes majorées à la naissance et lors du décours de celle-ci, notamment lors de la mobilisation de cette extrémité céphalique lourde et volumineuse (torticolis, hypotonie,
etc.). Ces contraintes mettent à mal le rachis cervical supérieur et la base du crâne ;
• un accouchement long et difficile (accouchement sur le dos) ou instrumental, entraînant un problème mécanique et empêchant le nourrisson de tourner sa tête convenablement, augmente le risque de développement d’une plagiocéphalie positionnelle ;
• les enfants nés prématurément ;
• les grossesses gémellaires ou multiples. Il a été notamment constaté que les jumeaux ou autres multiples avaient plus de risques de développer une plagiocéphalie positionnelle ;
• un manque de liquide amniotique (oligoamnios) peut aussi entraîner des pressions supplémentaires
in utero et lors du passage dans la filière génitale et un aplatissement de la tête du foetus ;
• les enfants nourris au biberon (les parents ont souvent un bras préférentiel et ne pensent pas à alterner).
Il est à noter qu’un torticolis est associé pour plus de 30% des nouveau-nés aux déformations positionnelles et – dixit Cranial Technolgies – 80% des enfants appareillés présentaient un blocage du cou ou un torticolis.
3. MSN et épidémiologie
Comme écrit plus haut à partir des années 1970, des études statistiquessur la MSN ont été effectuées dans différents pays du monde, afin de comprendre l’incidence et les mécanismes de la mort subite du nourrisson. En revanche, il a fallu attendre les années 1990 pour que des campagnes de prévention soient programmées. Malgré tout, chaque année, on recense en moyenne 250 nouveaux cas de MSN, première cause de décès des nourrissons entre 1 mois et 1 an. Si les causes de ces événements tragiques restent encore inexpliquées, de nombreux signes révèlent plusieurs facteurs de risque, à vérifier en
prévention pédiatrique et ostéopathique.
Dans 75% des cas, la mort subite du nourrisson est précédée de «signes prémonitoires» :
• perte de connaissance, convulsions,
• enchifrènement (inflammation de la muqueuse pituitaire),
• reflux gastro-oesophagien (60 à 75 % des RGO sont mal tolérés),
• hyper-réflexie vagale avec ou sans malaise,
• « sinister symptoms « de Valman (perte d’appétit, somnolence, irritabilité),
• troubles de la régulation thermique : sueurs, changement de coloration…
Dans 25% des cas, aucune cause n’est retrouvée et on parle de MSIN :
Mort Subite Inexpliquée du Nourrisson.
→ À ces signes prémonitoires s’ajoutent les facteurs aggravants suivants :
• les infections ORL de bébé. Il est recommandé de ne pas laisser traîner
ces encombrements rhino-pharyngés même bénins,
• le sexe du bébé : les petits garçons sont deux fois plus victimes que les petites filles de la MSN (extrémité céphalique plus volumineuse et plus
lourde),
• l’environnement (chaleur, literie trop enveloppante),
• la prématurité du bébé,
• l’allaitement artificiel (succion et positionnement de la tête et du cou),
• l’âge du nourrisson entre 1 et 4 mois,• les enfants issus de grossesses multiples

4. PPOP & MSN une épidémiologie commune
Leur concomitance, mais également leur épidémiologie et notamment le rôle des facteurs qui les déterminent, doivent nous interpeler. En effet, les symptômes communs énumérés ci-dessus définissent bien la même pathologie.
5. PPOP et ostéopathie
Cette campagne « To sleep to back », combinée à des paramètres obstétricaux et maternels, a contribué au développement exponentiel de cette pathologie maintenant bien connue des sages-femmes, des pédiatres, des kinésithérapeutes, des ostéopathes et des parents. Non seulement cette atteinte céphalique ne disparaît pas avec l’âge (tout au plus est-elle cachée par le développement de la chevelure et de la face), mais elle revêt un caractère particulièrement trompeur car la dysmorphose cranio-faciale n’est que la partie visible d’un dysfonctionnement sous-jacent concernant la charnière cranio-cervicale du nouveau-né.
Ce dysfonctionnement, loin de s’estomper, va au contraire s’aggraver au fil du temps. La plagiocéphalie est donc, avant tout, l’expression clinique d’un trouble fonctionnel de la charnière occipito-rachidienne qui, s’il n’est pas traité dans les plus brefs délais post-nataux, aura des conséquences de moins en moins
réversibles. En effet, les premiers enfants plagiocéphales nés dans les années 90 arrivent aujourd’hui à
l’âge de 30 ans. Se révèle alors, dans le cadre de nombreuses études rétrospectives, l’ensemble des répercussions esthétiques, fonctionnelles et psychomotrices de plagiocéphalies mal ou non traitées à l’époque : asymétries faciale et mandibulaire, troubles oculaires et occlusaux, scolioses et inversions de courbures rachidiennes, maux de tête et vertiges, troubles ventilatoires, troubles de la concentration et de la latéralité,
difficultés scolaires…

Profession Kiné N°55 – Le magazine des masseurs-kinésithérapeutes passionnés

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